vendredi 17 octobre 2014

Mardi 7 avril 1992 : Visé - Kanne .

Au matin, nous cherchons à payer notre emplacement : personne dans les bâtiments communaux. On ne va pas insister.
Nous nous mettons en route à 9h30 à partir de la Meuse.
Par un escalier descendant du pont, nous longeons un quai au bord du fleuve, puis nous bifurquons vers l'ouest.
Premier contact avec le canal Albert qui traverse la Belgique de Liège à Antwerpen. Nous le franchissons sur un pont. En contrebas, des bateaux de plaisance...

La vallée de la Meuse marque ici la fin du massif ardennais. Le sentier aborde alors la Hesbaye, plateau limoneux propice aux cultures céréalières, qui s'étend sur la rive gauche de la Meuse.
Après la traversée du village de Haccourt, nous grimpons sur une colline (128 m). En nous retournant, nous avons un panorama sur la vallée de la Meuse et le canal Albert. Le sentier coupe à travers les prés, rejoint une route au Fond du Horai, monte de l'autre côté vers les Hauts de Froidmont, à proximité d'une ferme. Nous faisons une halte pour manger une orange et laisser sécher la tente.
Puis le GR continue par une route asphaltée, sur le plateau séparant la vallée de la Meuse de celle du Geer. Il débouche dans cette vallée, en face du village de Wonck. Il coupe la route Eben - Bassange et se dirige vers la rivière Geer qu'il franchit sur une passerelle. Cette zone est constituée en réserve naturelle. Nous nous y arrêtons pour manger. Le sentier suit la berge de la rivière en un beau parcours, puis atteint les premières maisons de Wonck. Sans traverser le village, le sentier remonte aussitôt dans des vergers et des cultures, et longe d'anciens crassiers de carrières. On arrive alors devant une curieuse construction, la tour d'Eben-Ezer, espèce de château avec quatre tours d'angle surmontées de chérubins monumentaux (sphinx, lion ailé, taureau, aigle).
Cette vision apocalyptique dans cette zone naturelle a été érigée en silex issu du terrain par Robert Garcet, autodidacte, historien et archéologue, entre 1953 et 1966.
Un peu estomaqués par cet édifice, nous poursuivons notre chemin et redescendons dans la vallée du Geer.
Nous atteignons Lava-Eben et traversons la RN17. Nous allons longer maintenant un ancien tablier de voie ferrée, coincé entre l'agglomération de Eben-Emael et les confettis de zones naturelles éparses le long du Geer. Nous franchissons un pont sur la rivière et nous faisons une pause sur un banc, près d'un terrain de tennis. Un vieil homme intrigué par nos accoutrements et nos sacs à dos vient lier connaissance. Il est flamand et il a fait la guerre en Alsace...
Nous continuons à longer le Geer sur l'autre rive, empruntant l'ancienne voie ferrée. Nous débouchons à nouveau sur la route de Maastricht (RN17).

Nous arrivons ici aux confins de la Wallonie, à la limite de la province de Liège. Nous pénétrons en Belgique flamande (province de Limbourg). Brusquement, tout devient compliqué. Plus de français ; tout est inscrit en néerlandais, sans transition, comme si nous avions changé de pays.
Le GR passe à côté de grottes de pierre marneuse (musée, peintures murales et fossiles) où la température constante permet la culture de champignons. Par la grand-route, nous traversons à nouveau le canal Albert.
C'est ainsi que nous arrivons à Kanne, village flamand coincé entre le canal et la frontière néerlandaise. A l'entrée du village, nous nous arrêtons à la terrasse d'un café. Plus personne ne parle français. Nous faisons aussi quelques provisions dans une épicerie, achetons de la bière et traversons le village.
Nous en sortons par une boucle à travers champs. Nous gagnons une grosse ferme et suivons un chemin en lisière de forêt. A 17h, nous atteignons un terrain de football qui surplombe le village, juste à côté de la frontière néerlandaise, matérialisée par quelques barbelés le long du chemin. 

Nous montons la tente à côté du terrain. Nous mangeons devant la tente. Quelques jeunes en mobylette viennent s'entraîner au foot pendant une demi-heure puis disparaissent rapidement.
La nuit tombe, la brume fait son apparition sur le terrain de foot et les lumières du village s'allument. Nous rejoignons nos sacs de couchage...

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