vendredi 17 octobre 2014

Dimanche 7 avril 1985 : Algrange - Rumelange.

Départ à 9h.
Le GR suit à flanc de coteau un chemin qui domine les mines de Sainte-Barbe et d'Angévillers ainsi que les cités ouvrières. Plus loin, il longe l'entrée de la mine de fer de Rochonvillers puis rejoint le carrefour routier de Bellevue. On aperçoit Thionville dans la vallée.
Nous nous détournons du GR pour rejoindre une colline culminant à 393 m, le mont Saint-Michel. Nous faisons le tour de cette colline boisée, lieu de légende et de pèlerinage pour les habitants de la région : Irmengarde et Gerlach le lépreux, les fiancés du mont St-Michel.
De retour au carrefour, nous continuons le GR et passons à côté de vieux blockhaus. Le sentier serpente dans le bois de la Côte puis le bois du Haut, parmi les chênes et les châtaigniers. Après un carrefour sur une ancienne route militaire, le GR 5 descend en forêt pour rejoindre Escherange.
Ce village, installé au contact des calcaires et des marnes jurassiques, est sur une ligne de sources où venaient se ravitailler les populations des villages voisins qui prêtaient des pouvoirs miraculeux à certaines sources. Le village a été détruit pendant la guerre, alors que sa population émigrait dans la Vienne. Il a été reconstruit en 1947 aux mêmes emplacements.
Après la traversée du village, nous montons entre deux champs vers le bois du Welschgrund. Nous contournons un vieux wagon de chemin de fer (rendez-vous de chasse) puis suivons la lisière du bois des Quatre-Seigneurs. Ensuite le sentier se poursuit à travers champs et cultures, sans balisage. Il rejoint la D15, passe devant la ferme du Château.
Peu après, dans un virage, le sentier se faufile derrière une maison abandonnée et vient buter sur une levée de terre. D'importants travaux routiers modifient profondément la topographie des lieux. Plus de chemin ! Au hasard, nous descendons à flanc de l'autre côté de la butte et retrouvons le sentier en contrebas. Nous atteignons en forêt une borne-frontière avec, sur les faces opposées, les lettres L et F.
Nous pénétrons alors dans le territoire du Grand-Duché de LUXEMBOURG. Nous traversons un petit bois de sapin. Ici cesse le balisage blanc et rouge du GR. Débute alors un balisage luxembourgeois spécifique. Le GR ne portera plus que la dénomination « sentier européen E2 ».
Nous continuons sur des chemins forestiers, en longeant plus ou moins la frontière. Le ciel est gris et le temps continue à se dégrader. Le vent se lève.

A 17h, arrivés à un point coté 409, juste sur la frontière franco-luxembourgeoise, nous décidons de bivouaquer. Nous plantons la tente dans une clairière, en lisière de forêt. En contrebas, dans la vallée, la cité luxembourgeoise de Rumelange. La pluie se met à tomber, nous confinant sous tente. Des bourrasques de vent violent malmènent la toile. La tempête va durer toute la nuit.

1 commentaire:

  1. "Malheureusement notre époque positive ne voit dans des ruines que des moellons pour bâtir à neuf, et ne peut comprendre que sous de vieilles pierres sculptées il y a toujours une pensée d’art, une pensée nationale, et comme une page taillée de notre histoire." Est-ce si sûr ?

    RépondreSupprimer